Manoir Industries accélère sa croissance

Les Echos n° 19904 du 23 Avril 2007 • page 21

Manoir Industries, en difficulté au début des années 2000, redresse progressivement la tête, profitant à plein de la croissance économique mondiale. Ce spécialiste de la fabrication de pièces métalliques haute performance, qui vient d'être racheté en février par le fonds américain Sun Capital Partners, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires en hausse de 13 %, à 336 millions d'euros, pour un résultat d'exploitation quadruplé à 18 millions, et un effectif de 2.800 salariés.

« Pour l'année en cours, nous tablons sur environ 400 millions d'euros de chiffre d'affaires (+ 19 %) pour un bénéfice d'exploitation bien supérieur à 20 millions. La plupart de nos métiers sont en croissance », explique aux « Echos » Gilles Roland, le président, par ailleurs associé-fondateur du fonds français Fin'Active... le précédent propriétaire de Manoir Industries. Le groupe, ex-filiale de Strafor Facom, qui est passé depuis 1997 dans les mains de quatre établissements financiers successifs (HSBC PE, Fonds Partenaires, Fin'Active, puis Sun Capital), travaille pour de nombreux marchés : l'aéronautique, la pétrochimie, l'énergie, le BTP, le ferroviaire... avec de solides références de clients : Airbus, EADS, Snecma, Eurocopter, DCN, ExxonMobil Chemical, Renault Trucks, SNCF...

Expansion internationale
« Nous pensons que l'entreprise a un potentiel significatif de poursuite de sa croissance et d'amélioration de sa performance financière », souligne pour sa part Nathaniel Meyohas, le vice-président de Sun European Partners, basé à Londres, qui offre à Manoir Industries une capacité d'investissement plus puissante que Fin'Active. Mais Sun Capital a racheté fin 2005 les activités textiles de Sara Lee en Europe (Dim, Playtex, Wonderbra...), et a procédé à des licenciements importants depuis. Dès lors, les syndicats des Forges de Bologne en Haute-Marne (600 salariés), qui fabriquent des pièces notamment pour l'aéronautique et le médical, s'inquiètent du changement d'actionnaire, et des éventuels suppressions d'emplois ou délocalisations. Mais Gilles Roland parle de croissance des effectifs et de maintien des usines existantes en Europe, en raison du « caractère très technologique des pièces réalisées ». A Bar-sur-Aube (280 salariés), l'année 2006 s'est bien passée avec 1.350 tonnes produites. L'usine a travaillé pour Dassault (pour les avions Falcon 7X et Rafale), pour les programmes Airbus (90.000 pièces par an) de l'A320 et de l'A380 et pour le Boeing 787, en travaillant le titane, l'aluminium et les aciers spéciaux.

Cette stratégie n'empêche par l'expansion internationale, 44 % des produits étant exportés, et le groupe venant de racheter une usine en Chine, près de Pékin, qui devrait réaliser une vingtaine de millions d'euros cette année. Sont à présent au programme la création d'un atelier d'usinage en Inde, puis l'ouverture début 2008 d'une usine en Amérique du Nord.

THOMAS LE MASSON ET DOMINIQUE CHARTON (À REIMS)